Le taux de chômage est plus élevé chez les survivants d'un cancer infantile

Retour aux nouvelles

Date : Mercredi le 17 août 2011 à 22 h 59 (heure de l'Est)

Les enfants qui survivent au cancer sont plus susceptibles d'être sans emploi à l'âge adulte, selon une nouvelle étude qui suggère que les difficultés économiques font partie des effets à long terme des traitements contre le cancer.

Des chercheurs aux États-Unis ont étudié plus de 5 800 adultes, d'au moins 25 ans, ayant survécu à un cancer infantile. Dans leur étude, publiée au début de la semaine, les chercheurs voulaient savoir comment les fonctions physiques, mentales et neurocognitives de leurs sujets influaient sur leur situation professionnelle.

Ils ont découvert qu'une fois adultes, les survivants de cancer infantile en mauvaise santé physique étaient huit fois plus susceptibles d'être sans emploi que les survivants en bonne santé.

Parmi les sujets de l'étude qui avaient un emploi :

  • ceux qui présentaient des déficiences neurocognitives étaient moins susceptibles de mener une carrière professionnelle et plus susceptibles d'occuper un emploi à temps partiel ou peu spécialisé.
  • les femmes qui présentaient des déficiences neurocognitives étaient plus susceptibles d'occuper un emploi peu spécialisé que les hommes ayant les mêmes limites.

Les chercheurs ont évalué la santé de leurs sujets en leur demandant de remplir des questionnaires standard.

La chercheuse principale Anne Kirchhoff, boursière de recherches postdoctorales au Centre de recherche sur le cancer Fred Hutchinson à Seattle, affirme qu'une étude antérieure avait démontré que les survivants d'un cancer infantile étaient plus susceptibles d'être sans emploi que les adultes n'ayant pas eu cette maladie dans l'enfance.

La conclusion qui a le plus surpris les chercheurs, rapporte Mme Kirchhoff, est la forte relation entre une mauvaise santé physique et le chômage. Également, les survivants qui sont sans emploi ou qui ont un emploi précaire risquent d'avoir une assurance maladie inadéquate, ce qui pourrait nuire à leurs efforts pour gérer les effets à long terme de leur maladie.

« Les survivants d'un cancer infantile doivent être informés des risques, se faire examiner pour savoir s'ils présentent des limites et apprendre à maîtriser ces limites afin d'obtenir des résultats plus satisfaisants au plan de l'emploi, » a déclaré Mme Kirchhoff.
Les résultats de l'étude sont publiés dans Cancer Epidemiology, Biomarkers & Prevention, une revue de l'American Association for Cancer Research.

Les conclusions de cette étude n'ont pas surpris Kyle Angelow, qui, après avoir été diagnostiqué du cancer à l'âge de 5 ans, a subi une année de chimiothérapie et 11 opérations visant à enlever des tumeurs cancéreuses de ses os.

M. Angelow, âgé de 19 ans aujourd'hui, affirme que son traitement lui a « sauvé la vie ».

Mais il est en proie à la fatigue et ne peut se tenir debout très longtemps, des symptômes qui lui imposeront de choisir un emploi qui ne nécessite pas d'efforts physiques.

« Tout travail physique est pour l'instant inenvisageable dans mon cas, » a expliqué M. Angelow à CTV News.

Des données montrent que, désormais, 80 pour cent des enfants victimes du cancer atteignent l'âge adulte. Les experts affirment que les chercheurs devraient s'attacher à trouver des mécanismes de soutien pour aider les patients à surmonter les effets à long terme de leur thérapie, notamment des programmes de counseling et des traitements ayant moins d'effets secondaires.

« Il faut étudier les traitements qui fonctionnent et leurs conséquences sur le corps de l'enfant, et réfléchir à un moyen de mettre au point des traitements moins agressifs, » a expliqué Megan Davidson de La Fondation canadienne du cancer chez l’enfant à CTV News.

M. Angelow commencera ses études universitaires en septembre et espère faire carrière en tant que radiodiffuseur sportif, si sa santé le lui permet.

« Je peux témoigner des effets que les médicaments contre le cancer ont sur la vie des gens bien après la maladie, » déclare-t-il.

Avec un reportage du spécialiste médical de CTV, Avis Favaro, et de la réalisatrice Elizabeth St. Philip.

Retour aux nouvelles